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La main de Boughmiga

La main de Boughmiga

Et voila, si vous le voulez bien, vous m’accompagnez dans mes sorties, sur terrain, à marauder comme des chasseurs cueilleurs, qui ne font pas mal ni aux animaux, ni aux arbres et les plantes…et encore moins aux humains, juste à contempler l’environnement et retracer le cumul des parcours de nos illustres ancêtres communs. Bien sur, je ne peux tout de même profiter seul de cet immense plaisir et cette jubilation anthropo-narcissique. Cette fois, autour de la ville de Zarzis, cette région à vocation préhistorique axée sur le néolithique supérieur…et élément fondamental de l’ensemble “Djerba-Zarzis-Anthropopolis”..

., je présente les trouvailles d’un endroit que j’ai prospecté durant une trentaine de visites sur une période de trois années au moins. Cet endroit, m’a aussi interpellé par sa position stratégique pour l’homme primitif et surtout par quelques surfaces soufflées par le vent. En effet, après un vent d’Est, un vent d’Ouest, un Sirocco, une tempête de sable, un orage, un labour, après plusieurs passages de troupeaux de moutons…, je trouve chaque fois, un bout de meule, un silex, une tête d’armure, une écaille d’oeuf d’autruche, un tesson de poterie primitive, un broyon, un biface, un bout de coquillage utilisé comme tranchant, un triangle ou un trapèze en silex… Comme la main de Fatma est sacrée, dans nos habitudes, dans nos traditions culinaires, sur les façades de nos maisons, sur la proue des bateaux comme porte chance et bonheur, Fatma, nom illustre de la fille du prophète, bénie et chérie, et souvent repris pour parler de la femme arabe en général, et devant la l’amalgame des temps qui courent au sujet de la sacralisation fétichiste de Fatima et sa désacralisation constitutionnelle menaçante, et dans un geste de résistance au sexisme réducteur et l’anthropo-rétrogradation, j’ai eu le réflexe de remplir la “main de Boughmiga” par les pièces maîtresses de mes trouvailles dans cet endroit. Cette main, qui tout en prenant compte de la sacralité de la vie, du parcours humain…porte quelques dizaines de milliers d’années d’histoire, d’art et de lumières. “La main de Boughmiga” le néandertalien, ainsi pleine et consistante, de son passé et de son histoire, est aussi pleine de volonté et de courage pour en découdre avec le mal, la pauvreté, les maladies et les dangers qu’encoure la vie en général. La main de Boughmiga, avec le bout d’écaille d’oeuf d’autruche troué pour le collier de la Fatma d’autrefois, reprend et expose cet appel d’humanité par l’art et l’intelligence. La main de Boughmiga, ainsi féconde, inséminée et sacrée, est aussi tendue vers le créateur, vers les décideurs, vers la conscience humaine….quémandant la paix, la liberté et la prospérité à touts les humains et toutes les créatures.

Lihidheb mohsen Eco artiste
dimanche 5 août 2012