Pépinières pilotes de l’olivier

Pépinières pilotes de l’olivier
La conservation génétique par la valorisation


Un projet régional inédit, ayant pour but la conservation du patrimoine génétique de l’olivier à travers la valorisation et dans lequel des pépinières pilotes seront créées, démarre ce mois-ci, sous le pilotage de l’Institut de l’olivier en Tunisie.
Il s’agit d’un projet pilote impliquant plusieurs pays du sud de la Méditerranée (Egypte, Tunisie, Algérie, Maroc), supervisé par le Conseil oléicole international et financé par le Fonds commun pour les produits de base. D’un coût total de 1.700.000 dollars us et prévu pour durer 4 ans, le projet vise à valoriser le patrimoine génétique autochtone de l’olivier, à travers la production de plants.
«Depuis 3000 ou 4000 ans, uniquement deux variétés d’olivier sont valorisées en Tunisie : le Chetoui et le Chemlali», affirme Mongi M’Sallem (coordinateur du projet et chef de station de l’Institut de l’olivier à Tunis). Les agriculteurs introduisent, ainsi, très peu de variétés dans leurs vergers. Pourtant, comme le souligne Ali Rhouma (chef du laboratoire Amélioration et protection des ressources génétiques de l’olivier), il existe plusieurs variétés secondaires dotées de qualités remarquables, mais qui n’ont jamais été exploitées à grande échelle.
En Tunisie comme dans les trois autres pays partenaires, où les enjeux sont les mêmes, des variétés locales d’olivier seront, tout d’abord, multipliées dans des «centres d’excellence». «L’objectif est de produire 25.000 plants par an et par pays, qui seront ensuite utilisés pour créer des parcs à bois. Par la suite, les oliviers seront vendus aux agriculteurs à des prix symboliques», explique Mongi M’Sallem. «C’est un travail de longue haleine, poursuit le scientifique. A terme, on pourra produire des plants certifiés».
Outre l’introduction de plus de variétés dans les vergers en valorisant des espèces autochtones, le projet permettra de répondre au risque de diminution de la diversité à cause de l’expansion des monocultures, l’«invasion» des variétés importées, l’urbanisation et le développement de pathologies.
Suite à un travail d’inventaire génétique, mené en 1997 dans les quatre pays impliqués dans le projet, la plupart des variétés d’olivier ont été répertoriées, cataloguées et conservées dans des collections. «Mais pour une conservation effective, il faut les multiplier et les mettre à la disposition des agriculteurs», affirme le coordinateur du projet. En Tunisie, des années de recherche, en matière de caractérisation et de suivi comportemental dans les différents sites de conservation, permettront de sélectionner un certain nombre de variétés susceptibles de séduire les agriculteurs.
Parmi ces variétés, on peut déjà citer le Oueslati (région de Oueslatia), qui présente une résistance à plusieurs maladies, dont la tuberculose, et une qualité d’huile «sublime». On cite également le Chemchari (oasis de Gafsa), une variété productive et pouvant être exploitée à la fois pour son huile et ses olives de table. Il existe, en outre, des variétés résistantes à la sécheresse, dont le Zamati (Médenine) et le Chemlali de Jerba. «Si on arrive à avoir 20 variétés en plus dans les vergers, le pari sera gagné !», estime Mongi M’Sallem.
Le lancement officiel du projet est prévu pour le 24 septembre à Tunis, où une réunion de démarrage sera organisée, et à laquelle participeront les quatre pays partenaires, le superviseur du projet et le bailleur de fonds.

Auteur : M.D.
Ajouté le : 01-09-2013 la presse Tunis